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07.04.2008

Psychanalyse

Lu sur le site de lahonte.org

L'inhibition de l'action

La honte bloque la capacité d'agir et de dire du sujet honteux. Elle va amener le sujet à se cacher, à se taire et à développer des stratégies d'évitement, par exemple pour ne pas prendre la parole en public ou en réunion.

L'inhibition de la honte est renforcée par les mécanismes inconscients de défense chez le sujet honteux. Souvent, le sujet honteux ne comprend pas ce qui lui arrive, il le cache à l'extérieur, et il se le cache intérieurement. La honte est ainsi une émotion où le sujet n'a accès facilement ni aux mots, ni aux ressentis.

Commentaire personnel :

C'est ce qui m'est arrivé. Bloquée, incapable d'agir, de sentir, de dire. 

Pour accèder à la parole, je suis devenue sur le tard professeur de français. Révolution intérieure, psychothérapie assurée. Voilà, mes élèves sont obligés de m'écouter. De par ma position, j'interroge les mots, les miens et ceux des autres, sans cesse, inlassablement, jusqu'à l'épuisement, jusqu'à l'écoeurement parfois.

Le ressenti, je l'ai étouffé jusqu'à ne plus produire d'émotions. Pendant longtemps, des années, presque une vie entière. Aussi loin que je remonte, je ne vois que cela. 

Et la colère ? Je ne me mets jamais en colère. Pire, je ne la ressens pas. Elle ne monte pas en moi. Quand je suis face à une situation qui devrait générer chez moi de la colère, je me coupe en deux et je regarde l'événement avec distance et froideur, j'analyse, je calcule, je pardonne et je passe immédiatement à autre chose. Intérieurement, je ne sais pas gérer l'affect d'un conflit : trop puissant pour moi. 

Blocage, inhibition, défense, fuite, évitement. Pas d'émotions, perte du langage, mise à distance des contacts humains...Pas joli, joli...

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