09.07.2008

Liberté

Quel est le sceau de la liberté acquise ? Ne plus avoir honte de soi-même.

Frédéric Nietzsche.  

07.07.2008

Les morts

Les morts ne connaissent pas la honte mais ils puent terriblement.

Anton Tchekov. Extrait de Carnets

17.06.2008

Antonymes

Audace

Effronterie

Fierté

Gloire

Honneur

Impudeur

Indécence

Orgueil 

15.06.2008

Expressions I

Il existe de nombreuses expressions pour indiquer que l'on porte la honte sur quelqu'un. 

En apostrophe :

  • Honte sur toi, sur vous, sur eux, sur elles :

            . Honte sur toi! Ose dire cela et considère ta sottise! (Claudel, Tête d'Or, 1890, 2e part., p. 59).

  • Honte à toi, à vous, à eux :
            . J'ai dit : honte à Zola, mais jamais à Gautier (Barrès, Cahiers, t. 9, 1911, p. 272)
  • Vous n'avez pas honte ? Tu n'as pas honte ? 
            . Vos violences, monsieur, j'en veux plus! (...) À faire les copains cocus et puis après à frapper sur leurs femmes!... Il est culotté ce saligaud-là! Vous avez donc pas honte? (Céline, Voyage, 1932, p. 606)

Avec un verbe :

  • Faire honte à quelqu'un :

            . En cinq jours les six mille ressortissants alliés avaient été évacués. Tant d'incurie française nous faisait honte auprès d'une organisation si bien entendue (Ambrière, Gdes vac., 1946, p. 374)

  • Couvrir quelqu'un de honte
            . - Comment peuvent-ils refuser cela sans que tout le vermillon de ma mer *Rouge leur monte au visage et les couvre de honte ? murmurait Marcel en contemplant son tableau... (Henri Murger, Scènes de la vie de bohème, 1869)

   

13.06.2008

Sans honte

Il est honteux d'être sans honte.

Saint-Augustin.  

07.06.2008

L'homme bon

CITATION

Un homme bon a honte même devant un chien.

Anton Tchekov. Extrait de Calepin  

Synonymes

Turpitude, Ignominie, Infamie

Pudeur, Déchéance, Bassesse 

Déshonneur, Indignité, Réserve

Abaissement, Flétrissure, Humilité

Timidité, Dégradation, Humiliation

Abjection, Retenue, Opprobre

Affront, Gêne, Respect 

Horreur, Modestie, Confusion

Componction, Embarras, Echec

Vilenie, Tâche, Dégoût

Crainte, Contrainte, Répugnance

Vitupère, Démenti, Vergogne

Regret, Démérite, Abomination

Scrupule, Scandale, Fessée

Insuccès, Malaise, Repentir

Et Remords... 

01.06.2008

Groupe nominal

Minimal

La honte, une honte, cette honte, ma honte, ta honte, sa honte, notre honte, votre honte, leur honte, leurs hontes, deux hontes, trois hontes, la première honte, la deuxième honte, la nième honte...

 

Etendu

Avec un adjectif qualificatif  

La honte bue, une sale honte, cette honte intériorisée, une honte destructrice, la honte ravageuse, la honte problématique, une petite honte, une grosse honte, une honte passagère, une honte extériorisée, cette honte paralysante... 

Avec un complément du nom

La honte de soi, la honte des autres, la honte d'un tiers...

La honte de son corps, de sa tenue vestimentaire, de sa provenance sociale, de son milieu, de sa famille, de ses pairs, de ses concitoyens, de son pays, de son gouvernement, de sa patrie, du genre humain...

La honte d'être, d'avoir, de vivre, de sentir, d'aimer, de désirer, de croire, d'espérer, de ne plus faire partie de la communauté...

Avec une relative

La honte qui tue, la honte qui ronge, la honte qui morcelle, la honte qui tranche, la honte qui brise, la honte qui casse, la honte qui détruit...

La honte qui se manifeste, qui s'extériorise, qui s'intériorise, qui hurle, qui suinte, qui s'affiche, qui se cache, qui éclate, qui explose, qui implose, qui déborde, qui submerge...

Avec une complétive

La honte que je porte, que je mets à distance, que j'étudie, que je scrute, que je caresse, que je tiens au chaud...

La honte qu'il vit, qu'il a subi, qu'elle a vécu dans sa chair, que ses parents lui ont transmis, que la société lui renvoie au visage... 

30.05.2008

Petite honte

CITATION 

La petite honte de l'enfance brûle toujours, à côté de la grande conflagration des hontes ultérieures.

Pierrette Fleutiaux dans Les amants imparfaits

06.04.2008

Etymologie suite...

Je reprends ce que j'ai commencé hier. Finalement, j'ai le sentiment de ne pas avoir assez creusé l'étymologie de honte. Juste effleuré. Je ne suis pas revenue à la racine, à l'acte fondateur : la naissance du mot dans son acception première.  

Le mot étymologie vient du grec etumos, "vrai" et logia, "théorie". L'étymologie est donc la "science de la vérité". Rechercher l'étymologie d'un mot, c'est reconstituer son ascendance jusqu'à son état le plus anciennement accessible. Les mots naissent, évoluent, disparaissent et parfois réapparaissent sous une forme différente mais ils conservent néanmoins, en eux-mêmes, la mémoire de leur identité première. Partir du début, retracer le chemin jusqu'aujourd'hui pour appréhender la vérité du concept.

Je reviens donc à la racine. Honte en francique, c'est haunipa. Le mot n'existe pas en latin en tout cas pas sous cette forme-là. Le francique, c'est la langue des anciens francs, faisant partie du germanique occidental et reconstituée de façon conjecturale. Nous sommes sous le signe de l'hypothétique... Le francique se mélange au latin vulgaire au Vème siècle après JC. Le mot signifie dédain, raillerie, mépris. Il est en rapport avec honnir.

Railler : tourner en ridicule, se moquer, ridiculiser.

dédain : mépris orgueilleux exprimé par l'air, le ton, les manières.

mépris : sentiment par lequel on juge quelqu'un, sa conduite condamnables, indignes d'estime, d'attention.

Honnir : vouer à l'exécration et au mépris publics en couvrant de honte.

Mon pressentiment se confirme : à la base, la honte n'était pas une émotion intériorisée mais un acte social. C'est la société qui couvre un individu de honte. Celui qui est frappé de honte est d'abord raillé, méprisé, voué à l'exécration publiquement par ceux de son groupe. C'est dans un deuxième temps seulement que l'individu va avoir honte. Il va boire sa honte et la digèrer. Il intègre ce déshonneur qui lui est fait et il devient un objet de honte. Il n'est pas banni de la société pour autant et ne peut en aucun cas racheter son honneur (à la différence du coupable qui lui est puni, condamné et qui peut se racheter aux yeux de la société en purgeant sa peine). Le honteux est sali, dégradé, déshonoré (donc indigne d'estime). Il a perdu une partie de son humanité, de ce qui faisait de lui un homme digne de réputation.

Frapper un homme de honte, c'est toucher à ce qui fait de lui un homme. A son noyau. Juger un homme coupable, c'est remettre en cause sa capacité à exercer son métier de citoyen. C'est toucher à son écorce. Rien de plus. La différence est ténue mais pour moi, ça prend sens.

Il reste à poser la question de savoir pourquoi il a été frappé de honte. A-t-il enfreint un code d'honneur pour en arriver là ? S'il a enfreint la loi écrite, il est coupable. Pour devenir un honteux, c'est plus un code moral non écrit qu'il a fallu enfreindre. Il est donc plus question de moralité et de dignité humaine dans la honte que de violation de règles juridiques. Honteux mais pas coupable... Coupable mais pas forcèment honteux... Le coupable peut se départir de sa culpabilité au prix d'une purgation de peine. Le honteux ne peut racheter sa honte. Honneur perdu ne se rachète pas. 

Je continuerai à creuser la piste étymologique tel un privé à la recherche d'indices. 

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